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mercredi 27 avril 2011

Trait.

*Je dédie désormais mes billets. Grand que je suis.
On ne peut acheter l'accord de ses lecteurs. Merci pour avoir insisté, Soukaïna.

Mes jours semblables à mes nuits,
Je guette la mort, détournant l'ennui,
Amour, sombre lueur palpant mon coeur,
Le frôle promptement, et se dissipe dépourvue de toute ampleur,

Les flots d'eau et de fumée se murmurent assidûment mes jours,
M'emportent aux plus aigus des cieux, puis me fouettent d'un sommeil lourd,
Je ne sais qui suis-je, si ma plume respire,
Mais je peux peindre des songes, de petites ombres qui m'admirent,

Ces murmures de vie, étouffés, de langueur consument mon âme,
Perdu, éveillé, entre les bras de la mort, mon regard quête mes compagnons d'armes,

Ce fut la fête, à l'aube de ma mort,
Une minable silhouette distrait vainement l'aveugle sort,
Suis-je, ou pas, les flots fredonneront lors de mes funérailles,
On aperçoit mon tout petit cercueil gris, il a l'air plus morne que mes fiançailles,

dimanche 13 mars 2011

Karim.

    Ce récit est dédié à Reda, un fidèle lecteur et admirateur de mes écrits. Cela me fait énormément plaisir, merci Reda. C'est pour cela d'ailleurs que j'aimerai te révéler un petit secret : tu vas mourir.

    Un masque de chaleur et de gaieté saturait les nombreuses plaies de Casablanca. Depuis des lustres la ville et ses occupants se sont résignés à vivre au jour le jour. Que le ciel leur urine dessus, ou les gratifie des plus amicales des rayons de soleil leur était, désormais, égal. La tragédie et le burlesque avançaient cote-à-cote et les acteurs, habitants la ville blanche, incarnaient si bien leurs rôles qu'on aurait cru qu'il s'agissait d'une vrai histoire. Il en s'agit, en effet.
    L'appel que Karim avait reçu l'avait foudroyé, soudain il sentit ses vaines devenir raides comme si son sang avant été glacé tout d'un coup. On lui avait crié - tellement il semblait absent au premier contact de la nouvelle-, à l'autre bout du fil, que son frère s'apprêtait à sauter du haut de l'hôtel Golden Plaza, cet immense édifice, lieu de travail de ce dernier, et qu'il devait absolument se présenter à l'hôtel. Ils avaient bien fait de l'appeler, c'était après tout la personne la plus proche du vice-cadavre. Du moins c'est qu'on pensait. Karim s'obstina de s'investir dans la moindre réflexion sur les circonstances qui avaient abouti à ce coup de théâtre - admirateur de Balzac, il vivait une comédie. Il ne permettait pas la moindre fuite de ces ignobles hordes de questions qui fusaient ça et là dans sa tête, un torrent qui immergea son esprit après quelques instants de vide totale, suscité sans doute par la mauvaise nouvelle. Elles se heurtaient rudement à ce mur, âgé de dix secondes, qu'avait battit Karim afin de séparer les archives de sa mémoire du champ d'effervescence des interrogations infinies, afin de se rappeler paisiblement là où il avait posé les clefs de la voiture. Mais les cruciales points d'interrogations sans discontinuer, et sans diminuer de brutalité, cognaient le mur qui commença à défaillir. Finalement le vertige et quelques maux triomphèrent, il s'assit sur la fauteuil blanc, dont la couleur paraissant aigre à ses yeux, il synchronisa ses sens avec son cerveau, colla les bribes de son esprit en se pinçant à la joue, puis projeta un regard qui semblait puiser sa vie des rayons de soleil projetés par le stylo à plume posé sur la table de verre. A droite du stylo étaient posés les clefs de l'Allemande, elles semblaient lui adresser un minable sourire sarcastique, mais il aimait sa voiture. L'Allemande goba les traits blancs tracés sur la chaussée, des mirages se constituaient au bout de la route, tant la chaleur avait été intense, et simultanément, la voiture et Karim crachèrent de la fumé grise qui s'évanouissait, sous les rayons du soleil, murmurant des marches funèbres. << Ta gueule ! >> cria-t-il et les fumé céda interrompant ses gazouillis.
    Sur le toit de l'immeuble, son frère sanglotait, il parlait de son échec persistant, du monde qui approchait du mur auquel il est supposé se heurter et dont les traits absurdes devenaient plus flagrants que jadis lorsqu'ils étaient petits, lorsque tout le monde était petit, et d'une tragédie amoureuse. Son assassine semblait avoir si bien fait sa besogne, le frère était trop attaché et les chaînes étaient construites d'or et de sang, un mélange amer - le frère le signala dans son long discours. Il parlait d'Aphrodite et de Sophie, il confondait les noms à vrai dire. Le monde semblait avoir si bien incarné son rôle. Fumer tue, aimer tue, vivre tue. Karim vit toute sa vie défiler devant ses yeux, qui négligeaient désormais le décor exterieur et avaient l'air de voir dedans, derrière eux. Ce spectacle éblouit le frère qui interrompit aussitôt son conte afin de dévisager le visiteur plus scrupuleusement. Karim assista à la comédie complète en quelques secondes. Il ne semblait pas être satisfait du titre qu'il avait attribué à son existence. <<Pourquoi pas tragédie ? >> pensa-t-il lorsqu'un petit sourire se dessina au coté droit de ses lèvres. Il courut si vite que son frère ne put déchirer son chemin vers la mort. Il atterrit sur une belle Cadillac conduite par un paranoïaque américain auquel il a fallut dix ans pour reprendre ses affaires dans les pays arabes, suite aux "attentats" du onze septembre.
    A quelques trottoirs de l'hôtel, un jeune homme guettait un client - il est prostitué-, et une jeune femme se dirigeait vers son lieu de travaille, elle est policière.
    Un jeune cadre, Karim Ben ******, s'est suicidé le 24/03/2011. Sa femme Sophie recevra ses affaires personnelles. Elle affirme avoir vu son mari le matin en bonne forme, et lui avoir parlé au téléphone deux heures avant l'incident, il semblait occupé tel toujours, elle ajoute lui avoir crié dessus puis raccroché au nez. Elle regrette.

dimanche 27 février 2011

Une âme frêle dans un carton.


Sur un sourire j'ai aperçu une âme frêle,
Laissant fuir une larme grise et râpeuse, larme de noël,
Un cri déchira la fumé de l'archaïque cheminée,
Réveilla le monde de sa vie piteuse, inanimée,

Le sourire narquois dissimule une mer de merde et de tragédies,
L'âme est naïve, l'âme est martyre et elle persiste quoique sincère,
Le temps les écrase et les mutile, ils font de même aux plus petits,
Un jour la pute et le bourreau seront eux mêmes de terribles mères,

La cheminée sans discontinuer grille masses d'esprits et de bois,
L'arbre chante : les ânes abrutis ont aussi des oreilles tel toi et moi,
Et sur la sombre colline se dresse un ample et vif drapeau,
Qui inspire vie et mort et dont les regards font frimer la peau,

L'âme est paisible dans son carton fait de palais et de savoir absolus,
Au premier contact aux airs de l'aube elle égare son aura superflue,
Sanglotante elle implore les voisines en vain, -Commisération !
Mais l'herbe est vive et les femmes sont succulentes en d'autres cartons,

Les voisines vivent joyeuses et imbéciles telle, jadis, cette petite âme,
Elle a appris par la rudesse à ne plus offrir sa foi aux vieux poèmes,
Elle dévisage avec lucidité ses futures compagnes de misère,
Elle boit et fume, regarde son passé défiler telle une chimère,

Un jour ou l'autre tous les cartons ne seront plus,
Et l'audace et les prétentions seront lynchés, mis à nu,
Le sourire demeurera spectateur au théâtre humain,
Et l'âme frêle rédigera des poèmes parlant de dieux et de pain,

La paquebot bourreau.


Une fleur pleure, une fleur hurle,
Des cris fébriles aux tourments de sa soeur la mule,
Se lamente sur les peines du temps et le crachat de l'honneur,
Qui chuchote victoire, narquois, à l'ouïe déficient de la pauvre fleur,

Puis vint le paquebot, sentant l'écume et l'espoir,
Titillant les opulentes vagues d'aigre tempérament,
Il dévisage la lune, maudite et voluptueuse tous les soirs,
Implore le vin, implore les saints criant vainement : ô perfide amant,

La fleur approcha embrasser, puiser baume et élixir au géant des mers,

Sur la fleur tomba une virgule de sueur, logeant jadis la cheminée de la baleine,
L'abandonna éperdue aux bras des dérangées pulsions, inerte pour une semaine,
La mule morte-vivante brisée d'amour et de compassion,
Souffla à la fleur son haleine d'animal, exhalant le tabac et la passion,

Lui conta ses craintes poussiéreuses de l'imprédictible calamité,
Qui épiait d'un oeil pensif, ses couleurs et son harmonie, belle statue d'ardente amitié,
Le paquebot séjourna au port, baratinant les flots et les oiseaux,
Cachant sa contrition qui lui érode le coeur, se rebiffant en vain aux persistants maux,

La mule souffla encore, dans sa flûte orientale,
Tirant sur la cigarette et diffusant de mystiques mélodies,
Telle une sainte fumée elles apostrophèrent les anges, et balayèrent le mal,
La fleur reconquit aussitôt teint, bonheur et doux angoisse de la vie,

La paquebot toisa l'ample horizon tiède aux cris de joie et de langueur,
Eut un rêve ou de fous spectres indiquèrent une éloquente rose,
Sur l'autre rive ou l'homme est le plus divin d'entre les songeur,
Il embrassa son rhum et son pain et proclama : Comédie close !

jeudi 17 février 2011

Premier aperçu de ma folie. Oui folie !


    Il est bien de vivre. Mais il est mythique de survivre.
    Depuis des jours, je crois que je deviens fou. Bien que je n'aime pas le terme "fou" vu son teint péjoratif qui connote bêtise et négligence de ses histoires, les histoires de sa vie. Et puisque les hommes constituent entre eux une foutue,  magique, délicate chaîne, en nuisant à sa vie on risque d'affecter celle de ses co-prisonniers, ce qui les inspire à mettre ce "fou" à la marge et l'empêcher de survivre. Parfois on n'ose même pas nuire à sa vie, mais on n'aspire qu'à la rendre plus vive, faire en sorte qu'on ne finisse pas tels ces vides d'esprits qui abhorrent la mort alors qu'ils y sont, mais vivants. Ils ont horreur de la mort plus que nous tous. Chuchotements : Les secret, c'est qu'ils sont déjà morts, ils ont tant souffert de la mort qu'ils ne voudraient l'expérimenter en vrai. Ils sont en sécurité dans leur château d'illusions,  de mirages vivants ainsi que de cette idéologie dont ils sont les incontestables créateurs. Ces malheureux abrutis qui n'ont qu'à vivre, parcourir une route insignifiante, fade et sans couleur. Et qui envient, en effet, le fou. Il est libre et il survie. Ne serait-ce qu'en lui attribuant tout un paquet de préjugés. Mais là intervient mon cher Bukowski, en proclamant : " Certains ne deviennent jamais fous... Leurs vies doivent être bien ennuyeuses. " Vous entendez !
Revenons à MA folie. Je désire que vous réagissez lors de votre lecture de ce billet, notamment si vous êtes un psy. Sinon, écrivez n'importe-quoi.
Il y a des nuits où je me sens dieu. Un dieu si seul et si misérable. Quand j'écris je suis le huitième sage, et quand je parle...non cela s'avère dur. Ma tête semble lieu des plus rudes des combats, mais des combats sans adversaires et sans but. Les idées fusent ça et là. Je me perds dans ma propre pensée en voulant songer à un crayon, je fais tout déborder. Tel une rangée d'habits superposées, quand vous tirez votre chemise bleue, tout s'effondre à vos pieds. Alors je me dis : Merde je suis fou ! Cependant, au moment d'écrire, j'ai cet angoisse de la page blanche, elle dévore monstrueusement mes plus belles idées, et me rend le cerveau vide devant du blanc. Tel un vrai fou face au mur blanc de sa cellule - on le met dans des cellules et non pas dans des chambres. Mais bon.. qui pourra succomber à la cruauté de l'homme, sinon lui même-, sur lequel sa vie se peint et se dissipe. Prend des formes magiques, mais toutes blanches, au dessus d'un fond blanc. Puis deviennent plus blanches et disparaissent. Tout est en blanc! Mon coeur bat de plus en plus fort, les idées grouillent dans ma cervelles et font un vrai vacarme. Quand j'essaye, encore, désespérément, d'écrire. Je me retrouve muet, si muet qu'un homme dont la chaîne d'or, le reliant au monde des singes s'est brisée. Là il réalise qu'elle n'était pas vraiment faite d'or, mais de merde. Je me sens très seul, l'homme n'est jamais si seul que je ne le sens. Car à ce moment là, c'est une fleur du plus profond jardin de mon esprit qui se manifeste. Nulle ne sait y aboutir, ni communiquer avec cette multitude de couleurs. Quoique je parle, je ne fais que passer ses messages, et nul ne sait y y dénicher réponse. Mais je ne doute pas qu'ils puissent comprendre, ils ont eux aussi cette fleur chez eux. Et je pense partout, la fleur provoque tout autre meuble de mon esprit, elle stimule ego, cruauté, douceur, chagrin.. tout, absolument tout. Mais j'ai tout un tas d'idées à écrire. A ce moment là je pourrais écrire une divine Joconde qui rendra mon père si fier qu'il m'accordera le droit de laisser tomber mes études de mathématiques et de parcourir mes lettres, mais je n'y parviens pas. Encore un rêve qui échoue. Et c'est cela qui rend la sensation plus atroce, mais intéressante. Je ne peux focaliser que sur une seule émotion, et avec tout ce charabia les pleurs prennent le dessus, non pas vraiment je les sens au bout de ma gorge mais quelque chose d'autre les retient et le immobilise. Quoi d'autre. Oui, je sens aussi que le monde n'a plus de sens, que rien n'a plus de sens. Cet état d'âme arrache tout intérêt à la vie et ses petits coins agréables. La peint de gris et de rouge. Et bien d'autres "folies" dont je n'ai pu me souvenir.
Dès que je suis parmi un groupe de personnes, tout part.
Je ne suis point ennuyé par ces visites, que je nomme "sage folie" mais je désire fort briser ce mystère. J'ai pris l'habitude de bien me connaître. Je contrôler mes actes, conscient de leur pouvoir et leur impact sur mon futur. Mais ainsi, je me trouve abruti, quoique je suis chez moi. Ebahi par ma propre réflexion, alors que je suis supposé en être maître et créateur.
Fin.

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